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Bio

Derrière Gossamer, on trouve Evan Reiner, producteur-guitariste, sorcier des synthétiseurs et spéléologue de la musique urbaine. Son premier album "Automaton" mélange electro d'avant-garde (façon Autechre ou Boards Of Canada) avec de nouvelles sonorités expérimentales.
A vrai dire, il s'agit d'avantage d'un environnement que d'un disque ; c'est un voyage dans l'inconnu. Il donne envie de se plonger dans l'oeuvre de Steve Reich ou d'errer dans les paysages magnifiquement mornes que la Californie offre à Ansel Adams Wilderness. C'est le sens intrépide de l'exploration de son auteur qui a permis à “Automaton" d'exister.

   

 

Evan Reiner a grandi à Los Angeles, dans le quartier d'Eagle Rock, avec un père qui lui racontait ses faits d'armes (après avoir vu Black Flag et les Germs en concert...) et des cousins qui lui ont fait découvrir le hip-hop (à travers les instrumentaux de producteurs anticonformistes tels que RZA et DITC, le terrible crew de New York). A seize ans, il jouait de la guitare “religieusement" selon ses dires, et écoutait attentivement Slayer et Cannibal Corpse lorsqu'il se rendait à des concerts hardcore aux confins de Los Angeles.

 

A la fin de ses études secondaires, Evan Reiner était un gosse très intéressé par le hip-hop, dont les aptitudes de guitariste étaient telles que, lorsqu'il pratiquait son instrument, c'était en jouant, pour le plaisir, des morceaux de Django Reinhardt. Le rapport n'est pas évident, mais il y en avait pourtant un, ces influences musicales reflétant la passion, une technique développée avec assiduité et un engagement artistique total.

 

En 2009, Evan Reiner a été admis à la prestigieuse Berklee School Of Music de Boston. Au départ, l'école a comblé ses attentes, mais plus il apprenait, plus il lui apparaissait qu'il devait voler de ses propres ailes : “Trop de professeurs disent à leurs élèves quelle est la 'bonne méthode' de création, déplore-t-il. Cette bonne méthode n'existe pas."

 

Evan Reiner avait déjà utilisé son ordinateur comme une sorte d'assistant à la composition, mais il était impatient d'en tirer davantage. Il a alors commencé à se focaliser sur le potentiel de la musique électronique. “J'ai réalisé que j'avais l'équivalent d'un groupe à portée de doigts, dit-il. Ça m'offrait toutes les possibilités et notamment celle de m'y consacrer pleinement." Il a aussi commencé à enregistrer des sons “sur le terrain", notamment les sonorités de Boston, pour les inclure dans ses premiers beats.
Evan Reiner a beaucoup étudié les bandes sonores de film et a beaucoup expérimenté en versant par exemple du sable sur une cymbale, ou en utilisant des cartouches de fusil usagées comme percussions.
Fort de ces nouvelles expérimentations artistique, il a également trouvé l'inspiration dans l'oeuvre d'Ai Weiwei, Maya Duren, Stanley Kubrick ou Delia Derbyshire, des artistes qui, dans leur domaine, n'ont eu de cesse de repousser les frontières.

 

Et puis, en 2013, sous le nom de Gossamer, Evan Reiner a commencé à travailler sur ce qui allait devenir son premier album. Il a loué une brassée de micros et s'est rendu à Devil's Gate Dam, à Pasadena, un coin réputé pour son taux élevé de suicides et ses rassemblements d'adeptes d'Aleister Crowley. “L'écho y est dingue", confie-t-il.

 

Au cours d'un séjour d'un mois au japon, il a enregistré des “trains terrifiants", des cigales et les couinements d'un vieux vélo. Il s'est aussi enregistré en train de fracasser des déchets sous un pont à Los Angeles, et de cogner sur du bois en décomposition, à deux mille cinq cents mètres en dessous du niveau de la mer, à Ansel Adams Wilderness, en Californie. Puis il rentrait “à la maison" (qui pouvait aussi bien être son propre studio, un hôtel-capsule au Japon, l'appartement d'un ami à Boston ou un lieu de passage à New York), histoire d'en tirer quelque chose sur le plan musical avec ses machines et ses instruments.

 

On peut découvrir le résultat de ces expérimentations dans “Automaton", un paysage sonore, précis et délicat à base d'electro expérimentale, à la croisée de l'ambient atmosphérique de Gas et des beats fracturés de Autechre ou Boards Of Canada. L'album démarre par son propre lever de soleil, “Thoughtform", dans lequel le chant d'un oiseau se mêle à des vocaux éthérés et des vagues de synthé, avant de muer en l'ensorcelant “Print", qui transplante les touches de science-fiction de Vangelis dans un environnement nouveau, sauvage et désolé. “Okuma" sonne comme un morceau de Tortoise qui ne toucherait jamais le sol, tandis que “3D relief" et “J-Cruise", à la fois anciens et futuristes, évoquent le Brian Eno de “Fourth Word". Lorsqu'on entend les grillons sur “-;- ", c'est le signal que la journée et le voyage touchent à leur fin. “Automaton" est le premier album de Gossamer, mais c'est également son premier pas vers quelque chose de nouveau.

 

“ 'Automaton', c'est moi, explique Evan Reiner. C'est mon propre cheminement, le signe de mon acceptation qu'être seul ne signifie pas être esseulé. C'est une méthode d'adaptation au combat pour comprendre ce qu'on est et n'est pas au cours de sa propre existence. Ça me rappelle l'époque où je jouais à Bioshock en regardant 'Blade Runner', tout en courant nu dans la jungle sur une autre planète. Ça me donne l'impression de me voir dans un vieux film vidéo de famille et d'apercevoir Neptune par ma fenêtre. Si je veux, je peux continuer comme ça pendant des heures..."

 

   

PHOTOS

Gossamer