Wall Of Death

Wall Of Death

Après un 1er album chez Born Bad Records vendu à plus de 7 000 exemplaires, des tournées mondiales avec les Black Angels et Brian Jonestown Massacre, le trio parisien Wall of Death revient en 2016 avec ‘Loveland’, un nouvel album produit à Los Angeles par Hanni El Khatib.

« Bonne nouvelle pour les fanatiques de rock excité, nerveux et incontrôlé, les concerts de Wall of Death déjà incendiaires, voire légendaires seront suivis en début d’année d’un album chez Innovative Leisure / Because. » Les Inrockuptibles

Il y a tellement de choses qui ont joué dans la composition de Loveland, le nouvel album du trio psychédélique français Wall of Death. Il y a d’abord le groupe lui-même : Gabriel Matringe, guitariste et ancien violoncelliste, Brice Borredon, qui a connu une enfance campagnarde dans le Sud de la France et s’est complètement investi dans le piano depuis l’âge de six ans, et Adam Ghoubali, batteur autodidacte qui a eu le déclic en écoutant les Doors. Enfin, il y a Hanni El Khatib, du label Innovative Leisure, le guitariste qui fait voler les genres en éclat, qui partage des morceaux avec GZA du Wu Tang Clan, et qui, en tant que producteur, a accompli avec Wall of Death son travail le plus ambitieux à ce jour. Il y a la pile d’équipements vintage – orgue, synthétiseur, piano électrique, ainsi que ce mellotron, carrément succulent. Il y a ce poulet vivant nommé Chickpea, qui montait la garde à l’entrée du studio Jazzcats à Long Beach en Californie, et ne laissait personne le caresser, si ce n’est Brice Borredon («on s’est d’emblée compris et respecté l’un l’autre», explique-il).

Et bien sûr, il y a aussi des décennies d’inspiration et d’attachement, qui ont repoussé Loveland au-delà des limites du terme « psychédélique » en 2015 : une trajectoire qui naît avec les précurseurs des années 1960 comme Soft Machine et King Crimson et dont la queue de comète traverse les productions signées chez Creation, en direction de Radiohead (et encore après, de Tame Impala !) avant de s’engager vers des contrées inconnues. Bénéficiant en studio de l’agilité et des capacités d’Hanni El Khatib, et des ingés-son Jonny Bell (également membre de Crystal Antlers, autre groupe de l’écurie Innovative Leisure) et de Sonny DiPerri, Wall of Death a su créer un album dense et profondément personnel, qui transforme un instant en une vie entière et plus encore : selon Gabriel Matringe, « Loveland est comme les derniers pas que l’on fait quand on marche le désert : asséché et assoiffé, une minute avant de mourir ».
Produit par le texan Brett Orrison, un compatriote des Black Angels (doublé d’un expert du barbecue), Main Obsession, leur album inaugural sur le label français Born Bad, était un disque forgé dans le susdit désert. Comme si Ennio Morricone avait pris le dessus sur John Cale sur ce premier LP des Stooges – un album aussi désolé qu’il était heavy. Reste que sur ce nouvel album, Wall of Death désirait quelque chose de nouveau en tous points. Ils voulaient franchir cette étape supplémentaire afin de réaliser de la musique moderne. Mais armés du matériel le plus délicieusement vintage qui soit, comme l’explique Adam Ghoubali. Et pour ce faire, se mettre en quête d’un nouveau producteur armé d’idées inconnues. Pour Gabriel Matringe, l’idée était toute simple : « J’avais envie de me retrouver perdu de manière assez inconfortable ».

Arrive Hanni El Khatib, qui avait rencontré Wall of Death en tournée en 2013. Alors tout juste sorti de son album Head In The Dirt, Hanni regorgeait d’idées bien à lui sur la production musicale. Grâce aux sessions d’enregistrement particulièrement instructives d’Head In The Dirt, aux côtés de Dan Auerbach des Black Keys. La même année, il accomplissait ses premières sessions officielles comme producteur sur le LP Island Universe des californiens psyché-garage de Feeding People. Avant de s’enfermer aux studios The Lair, à L.A. pendant un mois au printemps 2014, pour en ressortir avec Moonlight, album redoutablement expérimental. Ce disque scellera l’alliance avec Wall of Death : «Il est parfois difficile de laisser les gens toucher à votre musique, explique Gabriel, mais il a trouvé ce que nous cherchions ».

Loveland se révèle être un album psychédélique, mais d’une manière unique en son genre, et aucunement comparable à la cohorte d’albums psychédéliques sortis en 2015, qui sonnent tous comme saignés à blanc, enduits de reverb par presque tous les pores, et colmatés de fuzz sur le peu de place qui reste. Loveland est au-delà : une œuvre d’art, ou même d’architecture, une sorte de château-cathédrale édifié sur des catacombes, des cavernes et des passages secrets, où l’entrée se confondrait avec la sortie. Une minute à peine après être entré dans Loveland, les vocaux de Gabriel explosent soudain à l’infini… A partir de là, Wall of Death plonge dans le vide. Nulle place pour le garage brutal et rageur ici, pas plus que pour les jam-sessions sans but. Loveland est par définition une combustion lente, avec rythme cinématographique et espace illimité, auquel s’ajoute ce mellotron, quasiment le quatrième membre du groupe.

Il y a un album qu’ils possèdent tous, ils l’avouent : c’est le transcendantal Meddle de Pink Floyd, et ce son subaquatique -comme le montre l’illustration sur la pochette de Meddle-, se retrouve sur l’ensemble de Loveland, en particulier sur les chansons qui vous font hocher la tête, comme « For a lover » ou « Blow the clouds » (ils doivent sûrement tous posséder aussi la B.O de l’extraordinaire film de sci-fi de 1973 qu’est La Planète Sauvage). Soudain arrive une déflagration inattendue au synthé à la Terry Riley, puis un break de guitare non moins inattendu à la Pink Fairies, et alors la chanson elle- même baisse de régime pour laisser place à « Dreamland », qui sonne comme si The Heat avait été miraculeusement autorisé à remixer des bribes de My Bloody Valentine (eh oui, le morceau est aussi proche d’un rêve que ce que son titre promet). Ecoutez bien et voyez comme les ultimes instants de la dernière chanson « Memory Pt. 1 and 2 » se glissent l’air de rien dans la peau du titre éponyme ouvrant le disque – ce qui signifie que cet album est sans fin, si vous voulez qu’il le soit. Et entre les deux, pour Gabriel, on trouve exactement tout ce dont Wall of Death savait avoir besoin pour ce disque : « Le son à la croisée de l’amour, du paradis et de la fantaisie », dit-il, « avec des titres parlant d’amour, de liberté, de jeunesse et d’espoir. Pour moi, c’est tout l’éventail de ce que nous aimons ».

00:00
Wall of Death - Live
Various Artists 1/3
  • final épicerie moderne 2011 / Young POP #26
    final épicerie moderne 2011 / Young POP #26
    WALL OF DEATH
  •  Thundersky - Live @ Le Bataclan
    Thundersky - Live @ Le Bataclan
    Wall Of Death
  • Loveland
    Loveland
    BETC POP Live Sessions ◊◊ Wall Of Death

Albums