Patrice

Patrice

Pour lancer The Rising Of The Son, son sixième album studio, Patrice, auteur, compositeur, interprète et producteur musical, a conçu, avec Barron Claiborn et Shawn Peters, The Rising of the son, un film de 14 minutes. Le court-métrage a été tourné en Sierra-Leone, la moitié des origines de Patrice :
« C’est l’histoire d’un type qui court parce qu’il a peur. Les méchants l’attrapent, le tuent, et il renaît comme un enfant, sans peur et peut alors les embrasser. Les peurs surgissent d’illusions. Si l’on prête attention aux démons, ils se matérialisent », précise Patrice.
Les bad boys de la capitale ont les pectoraux impeccables, luisants, les pantalons sous les fesses. « Ils appartiennent au groupe des Cribs, ce sont des street boys, des durs, que l’on a trouvés dans un bidonville de Freetown, Lion Base».

C’est à Paris au Studio Ferber qu’un orfèvre des collages sonores, le producteur Renaud Létang (Manu Chao, Feist…), a mixé ce nouvel album.

Patrice est un excellent orfèvre de sons. Il l’a prouvé en produisant les disques, à chaque fois succès de ventes, de Selah Sue, ou de Cody Chesnutt. Ce dernier l’accompagne ici pour God Bless You La La La, un reggae tendu, qui prend ses distances (la,la,la…) vis-à-vis de toute forme de dévotion, y compris rastafarienne. Avec Selah Sue, il chante Faces, renouant aves les violons et l’orgue Hammond pour produire une pop électronique élégante et mélodieuse.
« Quand je réalise un album pour quelqu’un d’autre, je sais exactement ce que je veux, j’ai une vision très claire de ce qu’il faut faire », confie Patrice. Pour les quatorze titres de The Rising Of The Son, Patrice a cherché des appuis auprès de musiciens, producteurs et compositeurs comme Matthew Kent (déjà présent sur One et Nile), de Cameron McVey (Massive Attack, Portishead, Tricky, Neneh Cherry…) et d’Alan Nglish. Puis il s’est installé en Jamaïque pour enregistrer au studio Tuff Gong, avec le producteur Donovan Bennett (Don Corleon).
Reggae énergisant (Cry, cry, cry), effet dub, hip-hop en ligne de front (Boxes, pour réveiller les consciences et élargir les champs de vision), Patrice revient sur la beauté de la liberté (le captivant 1 in 7), la nécessité d’une révolution permanente et pacifiste (Hippies With Guns, avec ses effets dub et son motif en forme de ritournelle), de l’amour humain (Lover Man, le sensuel Venusia), et de l’amour universel (One Day, un pur produit de Kingston, conçu avec Don Corleon).
La famille est une valeur importante, une « idée africaine » pour Patrice, avec The Rising Of The Son, il cherche son chemin (Making Ways), vers une nouvelle vie, sereine, débarrassée des scories de l’inquiétude (Angels vs Demons, qui clôt l’album). Ce disque est un retour vers le père, écrivain, opposant politique, réalisateur (il fut le premier metteur en scène de cinéma du Sierra-Leone), qui vint faire ses études en Allemagne et s’y fixa. Chez les Bart-Williams (Patrice est né sous ce nom le 9 juillet 1979 à Cologne), on écoute beaucoup de blues, papa est copain avec Champion Jack Dupree, qui vit alors en RFA. « Mon père était un idéaliste politique. Nous vivions cernés de livres, de masques africains, d’art ». A douze ans, Patrice découvre Bob Marley. « Ca m’a parlé tout de suite, je ne savais rien de lui, j’ai eu envie de tout découvrir. Mon père est mort à cette époque, et je me suis retrouvé seul face à Bob Marley ».
Patrice va souvent en Sierra-Leone, « là-bas tout est grand, spacieux » dit-il.
Bien que pacifié, après des années de guerre, le pays garde une étiquette désastreuse, celle des enfants soldats et des diamants de sang, dont le trafic a servi à financer les bandits et les Etats gangsters. L’histoire du Sierra-Leone contredit cette vision « hantée » dit Patrice. Pour le Jamaïcain Marcus Garvey, adepte de la conscience noire, le Sierra-Leone et son voisin le Liberia sont des terres promises. Le culte du reggae y est profond, avec un « Bob Marley Day », etc.
« J’appartiens à cette histoire, dit Patrice, dans ma famille, à Waterloo [au sud de Freetown], il y a des Jamaïcains marrons, mon grand-père était mélanésien, nous sommes parfaitement créoles ». Le premier album de Patrice, publié en 2000, s’intitulait Ancient Spirit. Celui-ci est « le symbole de la lumière et d’une nouvelle conscience ». Patrice précise qu’il est né le jour de la mort de son grand-père paternel, ce qui lui valut le surnom de Babatundé, « Le retour du vieux ». « Le symbole de la continuation de la vie », poursuit-il. Sa religion à lui, créole, donc, n’est pas le rastafarisme – « J’adore leur mode de vie, mais pour moi la meilleure des célébrations sera toujours un bon concert. Alive est le premier des quatorze titres de l’album que j’ai écrit, il m’a montré le chemin».

Les chemins de Patrice sont afro-européens. Né en Allemagne, travaillant à Paris et Londres, il est attaché au sud, à Lisbonne par exemple, une ville qui l’a accueilli avec sa guitare et sa voix, gracieuse, aérienne, celle, allègre, de Soulstorm (2005), celle mélancolique de Clouds (2008), et celle, mature et pleine, de Good Tomorrows (2013) en duo avec la Jamaïcaine Ikaya, voix d’ange et guitare de vagabond, mélodies enlacées pour un monde meilleur.

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Patrice - Live
Various Artists 1/7
  • Alive - Live Acoustic
    Alive - Live Acoustic
    Patrice
  • Love - Live Acoustic
    Love - Live Acoustic
    Patrice
  • Hippies With Guns - Live Acoustic
    Hippies With Guns - Live Acoustic
    Patrice
  • Clouds - Live Acoustic
    Clouds - Live Acoustic
    Patrice
  • One Day - Live Acoustic
    One Day - Live Acoustic
    Patrice with Guest (Flavia Coelho)
  • Patrice @ Summer Festival 2015 (Full Concert)
    Patrice @ Summer Festival 2015 (Full Concert)
  • Patrice & The Supowers @ Summer Festival 2014
    Patrice & The Supowers @ Summer Festival 2014

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