MMoths

MMoths

Depuis que les albums de musique existent, il y a des gens pour y déverser leurs déboires amoureux. C’est la forme la plus ancienne et constante de concept album qui soit. De Joni à Kanye, Richard & Linda Thompson à Frank Ocean, il y a d’innombrables expressions lyriques des dures réalités de la condition humaine pour accompagner la musique – des disques qui prennent l’auditeur par la main pour lui faire vivre les derniers jours d’une relation amoureuse.

Luneworks, le premier album de Jack Colleran sous le nom de Mmoths – est un album de cœur brisé. Il a été créé au cours d’une période de bouleversements dans la vie personnelle de Colleran – le genre d’événement qui a laissé une empreinte sur chaque élément de l’album, de la méthode et le lieu de l’enregistrement à sa sonorité générale. Contrairement à tous les albums de cœurs brisés susmentionnés, Jack s’est donné pour mission de faire l’autopsie du cadavre de sa relation à travers un album essentiellement instrumental.

Jack : «Avant de commencer à écrire cet album, j’étais vraiment mal, je traversais les pires moments de la fin d’une relation toxique. Jimmy, mon manager, a décidé qu’il serait bon que je prenne un peu l’air et m’a encouragé à aller dans sa maison de L.A. pour travailler sur des nouvelles musiques. Je suis donc parti là-bas et j’ai passé un mois à dormir par terre dans une minuscule chambre d’amis toute pourrie. Je n’avais rien pris avec moi, juste quelques habits de rechange et mon ordinateur portable ».

Le résultat est vraiment remarquable. Luneworks est un voyage mental où l’on s’immerge totalement ; un disque brutal par endroits et incroyablement beau à d’autres, parfois au sein d’un même morceau. Du ressac céleste du premier morceau ‘You’ au mélancolique ‘Verbena’ avec son piano en cascade; au pensif et déconcertant ‘Body Studies’ et au pavanement tordu de ‘1709’, Luneworks est un miroir de l’âme – une magnifique expression sans mots d’émotions brutes. Luneworks a été écrit en un mois à L.A. (Août/Septembre 2014) et terminé les deux mois suivants à Dublin (la ville dans laquelle il a grandi et où il a commencé à enregistrer de la musique Photo: Jonas Lindstroem à 17 ans). Pendant cette période, Jack s’est efforcé de se créer un espace mental pour se préserver des influences extérieures et assurer la pureté totale de ses chansons. Cela impliquait d’éliminer toute possibilité de contact humain.

«Quand je suis arrivé à L.A., j’ai commencé à dormir le jour pour pouvoir travailler la nuit. Cela m’évitait les distractions. J’écrivais 12 heures de suite, je ne sortais pas, je n’ai pas vu la ville. Le disque a été composé et enregistré la nuit – du moins pour les maquettes que j’ai écrites à Los Angeles, et j’ai fait les enregistrements définitifs en rentrant en Irlande. La quiétude de la ville la nuit a été une vraie source d’inspiration. Quand je travaille, j’ai besoin de bloquer le monde extérieur. L’immobilité aide à la concentration ; j’ai beaucoup de mal à travailler pendant la journée. Le téléphone sonne, les gens essayent de vous parler. Ce sont des distractions. Retirez tout ça et vous pouvez vraiment vous concentrer. L.A. m’a beaucoup aidé à écrire cet album ; j’ai pu laisser ma situation personnelle chez moi et voir les choses de l’extérieur ».

Jack a fui Dublin très vite et la nature de son refuge Californien a fait que l’album a été entiè- rement écrit sur un ordinateur portable. Les contraintes d’un environnement étranger et d’une situation financière difficile se sont avérées libératrices.

«Toutes les chansons viennent de mon ordinateur. Je n’avais plus trop d’argent quand j’ai fait ce disque, donc j’ai fait avec ce que j’avais. L’année d’avant, je rêvais de travailler dans un magnifique studio avec des instruments, des claviers, des pianos. Et puis je me suis pris la réalité de plein fouet et j’étais là, tout seul, avec mon ordinateur et rien d’autre. Ce n’était pas l’idéal, mais je m’y suis mis. Tout est sorti de cette boîte, par nécessité».

Les distorsions harmoniques de Luneworks ont une influence spirituelle ancestrale, ainsi que l’ascendance de l’un des artistes alternatifs les plus connus de Dublin – Kevin Shields – un autre musicien qui a extrait de douces émotions d’un son chaotique.

«En composant l’album, je n’ai écouté que My Bloody Valentine. Rien d’autre n’est entré dans ma bulle. C’est mon groupe préféré de tous les temps. Kevin Shields est un véritable génie, un musicien et un producteur phénoménal. Ca a influencé tout ce que je faisais – la création d’un mur de son, la mise en avant de textures faites de distorsions et de saturations ».

Tout comme sur les enregistrements classiques de My Bloody Valentine, les voix humaines sur Luneworks sont un instrument de plus à filtrer et distordre ; une présence (tout juste) humaine au cœur de plusieurs des morceaux de l’album. Poussé à son paroxysme sur le morceau central de l’album, ‘Eva’, c’est un peu comme une extase.

« La voix est toujours là ; au début, je me cachais au fond du mixe. Je ne pense pas avoir une très bonne voix, mais je voulais vraiment être brutalement honnête dans chaque aspect du processus. J’ai décidé d’être plus ouvert et j’ai rendu les choses plus claires dans le but de communiquer ma vulnérabilité ».

Un an après l’enregistrement de Luneworks, Jack est dans une situation émotionnelle complètement différente – le disque ayant agit comme une catharsis.

« L’écriture de l’album a été une façon de me purger. J’ai voulu y déverser tout ce que je ressentais. Quand je l’écoute, je reconnais des instants, je me souviens de ce que je me suis infligé. Particuliè- rement le premier morceau, ‘You’, me fait penser «Mon dieu, tu devais être l’homme le plus malheureux du monde ! ». Ca a été une façon très efficace de dépasser ce qui m’est arrivé – sans essayer de remettre chaque morceau de mon histoire à sa place, mais en examinant mes émotions et en les mettant dans ma musique ».

Premier Album Luneworks Sortie le 11 Mars 2016 Disponible en pre-commande Inclus le titre Deu Contacts Marketing : [email protected] Promo: [email protected] Après avoir composé un premier album qui frise la perfection, il ne reste qu’une chose à faire – adapter les chansons pour le live. Même si Mmoths a joué avec Aphex Twin, At The Drive In ou The XX, l’idée du passage de Luneworks à la scène est un peu intimidant.

«C’est très dur de prendre quelque chose de si personnel et direct et de l’adapter en un show qui peut être joué dans une salle devant 500 ou 1000 personnes. J’essaye de voir comment ça peut marcher. Le plus difficile est de me mettre dans cet état d’esprit devant une salle pleine de gens. Je ne suis pas naturellement à l’aise sur scène devant une foule, je suis beaucoup mieux dans le noir tout seul dans un studio. Mais je sais que je dois le faire. Et je suis sûr que je vais y arriver ! ».

Il s’est déjà battu avec ces émotions auparavant et a réussi à créer quelque chose de fantastique – nul doute qu’il y arrivera de nouveau. Préparez-vous à découvrir les endroits où il parviendra à vous emporter.

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MMOTHS - Live & Interview
Various Artists 1/5
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  • Mars 2016
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    Interview de Mmoths (Jack Colleran)

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