Minuit

Minuit

Minuit.

Un nom simple, franc, qui tape, un nom sans rallonge, efficace, qui sonne le début de la fête, la fin du jour, l’avenir encore indécis, l’heure fatidique également, l’impossible qui devient possible.

Minuit.

Cinq âmes, cinq amis, cinq musiciens, tous compositeurs.

Tanguy Truhé, batterie. Raoul Chichin, guitare. Joseph Delmas, guitare. Klem Aubert, basse. Simone Ringer, chant.

Ils ont à peine franchi la vingtaine et ont décidé de s’y mettre, corps et âmes, en 2013. Ensemble.

Leur devise pourrait être la suivante: “Faire sérieusement les choses, sans jamais se prendre au sérieux.” Quand ils parlent de leurs chansons hybrides, capables autant de noircir les pistes de danse que de convier à un voyage sans passeport, on devine sans attendre une envie totale, une force joyeuse, une excitation de chaque instant. Leur musique ressemble à la vie: elle sait que les émotions sont multiples, complexes, paradoxales, que les limites n’existent que pour être dépassées, qu’il faut avancer, coûte que coûte. Que le plaisir passe par le travail, l’envie de bien, de mieux faire, toujours, encore.

À part Simone, qui a d’abord choisi d’être graphiste (et qui se charge de l’iconographie du groupe: pochette, etc…), ils ont tous appris à dompter leurs instruments dans diverses formations, durant des années. Ils n’ont pas commencé ensemble au lycée, à l’arrache, à la punk, non. Ils ont sué, ils ont recommencé encore et encore. Parce qu’ils savaient qu’un jour, l’occasion serait là et qu’ils ne faudrait pas la rater. Joseph et Raoul ont posé la première pierre, en 2010, ils fréquentaient les mêmes bars, ils aimaient les mêmes guitares, celles d’ACDC, de Hendrix… A la même époque, Klem quitte Avignon et les rejoint à Paris. Pour voir. C’est l’heure des premiers essais, des premiers riffs. Quelque chose se passe, grandit, doucement et sûrement. Les idées deviennent des cannevas de chansons. Il manque une voix. Simone, alors à Bruxelles, et que l’envie de saisir un micro habitait depuis déjà quelques temps, s’y colle. Ca colle. Plus que ça.

Minuit est né. Très vite, on propose au groupe un concert au Point Éphémère. Novembre 2013. Il manque un batteur. Il faut un batteur. Minuit ne peut se contenter de programmer ses beats. C’est un groupe vivant, à l’énergie pas négociable. Ce sera Tanguy.

Le concert est une confirmation. Une épiphanie, véritablement. 25 minutes, cinq titres et le public qui adhère. Simone chante pour la première fois aux yeux du monde. Là aussi, évidence. Elle est à sa place.

Il faut maintenant enregistrer.

À l’heure d’édifier ce premier EP, le choix était déjà arrêté dans la tête des 5 Minuit. Azzedine Djelil serait celui qui pointerait l’horizon, alchimiste de leurs désirs. Mars 2014, studio Francis, aux Lilas. 15 jours d’enregistrement. 15 jours de mix. Et un mastering à New York, de Greg Calbi.

Il y a deux mots qui reviennent souvent chez Minuit, quand ils parlent de leur musique: couleur et contraste. Le décorum, chez eux, compte autant que les notes. C’est un tout, un ensemble puissant, à l’identité affirmée, la volonté de transformer le quotidien, de le sublimer. Il suffit de regarder leur premier clip, Flash, réalisé par Arnaud Giacomini, pour comprendre. Il y a comme une symétrie mouvante, un brassage des genres totalement maîtrisé, quelque chose d’à la fois classe et violent, au noir et blanc arc en ciel, si l’on osait. Le contraste donc. Comme dans la vie, encore.

Le premier EP, c’est cela, tout le temps. Une pop pour le peuple, débarrassée de ses oripeaux gimmicks, de ses raccourcis détestables. Une pop qui peut être rock, funk, new wave, solaire ou complainte, franche et radicale, belle et explosive. Sur ce disque fondateur, il y a “Flash” mais aussi “Recule”, et son piano beau à chialer, la voix de Simone se livre, nue, les yeux dans les yeux, c’est un crescendo, une longue montée vers un soleil de métal, on marche au bord d’un précipice qui ressemble à nos craintes les plus intimes, c’est captivant. Une sincérité saisit les dernières certitudes, une guitare tournoie, retombe, s’envole à nouveau et ce sont des frissons qui lèchent la colonne vertébrale. “Cafeine”, est un titre à la fois complexe et viscéral, c’est une aurore qui prend son temps, une solitude qui parlera à tout le monde, une mélancolie qui refuse d’abdiquer, cette sensation que procure le passage de la nuit au jour, quand les choses à la fois meurent et naissent. Et puis il y a, au centre, l’écran, celui qui a envahi nos existences depuis quelques années. Et qui nous aspire. “Roule”, on pourrait penser aux Doors, à Otis Redding, à Dutronc même, à de la folk, americana à la française, rock&roll qui avance à un rythme de voyageur de bitume. Mais au final, on entend surtout Minuit. À la fin, des cordes synthétiques valsent avec les guitares et on est déjà loin. Avec qui on veut mais loin. “Sur Les Berges”, l’un des premiers morceaux composés par le groupe, est une schizophrénie salutaire, dansant et énergique sur scène, plus balade et acoustique sur le disque. Ou comment démontrer qu’une chanson peut avoir plusieurs vies, plusieurs directions.

Minuit n’en est qu’au tout début. Pas après pas, il grandit. Chanson après chanson, il se cherche et se trouve. En attendant le premier album. En 2016. Il travaille dur. Il ne manquera pas le rendez-vous.

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Clips Officiels
Minuit 1/3
  • Flash (Clip Officiel)
    Flash (Clip Officiel)
    Minuit
  • Caféine (Clip Officiel)
    Caféine (Clip Officiel)
    Minuit
  • Sur Les Berges (Clip Officiel)
    Sur Les Berges (Clip Officiel)
    Minuit

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