Delv!s

Delv!s

Niels Delvaux a beau avoir à peine dépassé le quart de siècle, il ne reflète en rien le cliché du garçon sûr de lui qu’on aurait imaginé – la faute à sa voix si expressive –  ni le mode de vie de sa génération pressée. Le jeune homme, carrure imposante mais timidité évidente, s’est échappé dans divers contrées belges (Anvers, Gand, Bruxelles) pour finalement revenir au point de départ, en l’occurrence Landen, sa ville d’origine. La frénésie des grandes villes en mouvement, ce n’est pas sa quête. Ne pas compter non plus sur lui pour se mettre en avant. La musique est son premier langage.

A l’adolescence, il se fond au sein d’un groupe de rock qui n’a pas oublié d’écouter Nirvana ou AC/DC. A l’université, c’est la découverte essentielle des divas divines que sont Nina Simone, Ella Fitzgerald, Billie Holliday. Avant de trouver définitivement sa voie, d’affiner son style, diverses expériences probantes. Celle notamment au sein du projet electro Up High Collective. Son chant s’impose sur plusieurs titres et surtout Blend qui inonde les radios du plat pays en 2010. Un soir, le dit morceau passe dans le bar dans lequel il travaille. Parmi les clients, une certaine Selah Sue. Qui s’emballe spontanément pour le timbre scotchant de son compatriote. Rencontre à la fois inattendue et florissante puisque la chanteuse ne tarde pas à inviter Delv!s sur ses premières parties ainsi qu’à lui proposer de jouer les substituts de luxe durant son concert sur le duo Please (interprété initialement sur le disque par Cee Lo Green). Sur scène, avec ses propres musiciens, des passages remarqués dans des festivals dont la réputation n’est plus à prouver (Pukkelpop, Couleur Café, Gent Jazz, Lowlands…). Ce cheminement portait donc en germe les semences de ce qui va suivre.

Textes dans son escarcelle à la suite d’une période d’écriture durant l’année 2015, Delv!s croise la route de Maxime Tribèche, chanteur du groupe de pop psychédélique Holy Oysters. A la base, un essai en studio. Fructueuse, naturelle et immédiate, la collaboration finit par péter tous les plafonds. Difficile de ne pas parler d’alchimie. En éclaireur dans leur travail d’approche, Come my way, son premier single dont la batterie saturée et la basse funky ordonnent l’abandon, trouvent illico les commandes des jambes agitées. Et la voix, toujours elle, qui s’emporte dans des élans soul, qui subjugue par sa tessiture incroyablement étendue, qui s’adonne à la voltige avec effronterie. La machine est alors lancée et ne s’arrête pas en si bon chemin. Ce qui frappe, c’est l’attachement old school de Delv!s qui devise indomptablement avec l’approche moderne de Maxime Tribèche. Un goût assumé pour le groove, les variations, les déviations et l’impétuosité surgissant dans les refrains. On en oublierait presque la question du patronyme. Un surnom donné par ses camarades parce que ses cheveux plaqués en arrière provoquaient une vague ressemblance avec Elvis Presley. Le point d’exclamation ? Parce que le nom était déjà pris par un célèbre imitateur du King. Il n’empêche que ce sont les oreilles qui s’exclament ici les premières.