De Lux

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A l’époque de “Voyage”, son premier album paru en 2014, le duo de Los Angeles De Lux a créé sa propre sonorité. Sa synthèse intemporelle de post-punk, de disco, de funk et de sorcellerie synthétique puisait son inspiration à la même source qui a aidé LCD Soundsystem et Talking Heads, en leur temps, à élaborer un discours social parmi les plus dansants de l’histoire de la musique.

Fort de ce son, De Lux propose avec son nouvel album, “Generation”, l’histoire qui l’accompagne.

De Lux a commencé à écrire “Generation” sans vraiment s’en rendre compte, ce qui arrive rarement après qu’un groupe a publié son premier album. Une fois leur album “Voyage” sorti, le duo a joué, donné des interviews, tourné et remixé (“C’était fun !” signale Sean), mais a dû se battre pour trouver le temps d’écrire.

Le post d’un extrait de la démo de « It’s a combination » sur Instagram a été le déclencheur. Sean et le cofondateur Isaac Franco ont constaté qu’ils confectionnaient des démos depuis un an sans vraiment les terminer : le travail sur “Generation” a alors officiellement commencé.

Le duo est retourné à Los Angeles, dans le local de répétition où ils avaient écrit et enregistré “Voyage”, mais avec de nouveaux instruments cette fois-ci, et notamment une guitare-synthétiseur peu commune et utilisée par Adrian Belew de King Crimson.

L’artiste punk Karen Finley (dont Sean a acheté le premier album paru en 1987 chez un disquaire de Seattle à cause de sa pochette) a été une des principales sources d’inspiration du nouveau projet. Ses fameux textes non censurés ont fait passer Sean au niveau supérieur sur le plan de l’écriture : “Son ambition de vouloir chanter ce qu’elle veut force le respect” a-t-il déclaré.

Et donc, si “Generation” est un album plus sombre que “Voyage” (qui a hérité de l’anxiété urbaine moderne de David Byrne) c’est parce qu’il s’agit d’un disque courageusement honnête et à la fois candide. En réalité, on peut dire que c’est une œuvre caractéristique de notre millénaire.

Dans les onze chansons de “Generation”, De Lux évalue la distance entre l’enfance et l’âge adulte, la nostalgie et les aspirations, le rêve et la réalité, avec un souci du détail autobiographique.

“Lorsque j’écris des paroles, confie Sean, j’essaie d’être le plus spécifique possible. On espère que si des gens écoutent notre musique dans trenteans, ils se diront ‘Ah, voilà ce qu’il se passait à l’époque’.”

Le résultat est une sorte de “Less Than Zero” de l’après-réseaux sociaux. Imaginez une virée sur une autoroute qui commence par la propulsive “L.A. Threshold” : qui associe un rythme cool à une ambiance plutôt sophistiquée.

“L’album comporte des moments sombres, explique Sean, mais il est parfois drôle. Notre premier disque n’était que plus innocent.” “Il y adavantage d’espace sur le plan du groove et du rythme, pour que Sean puisse s’exprimer, confirme Isaac. Cette chanson lui offre la liberté d’êtrelui-même.”

“Center Of LUB” démarre par un riff de guitare à la Can avant de se transformer en une étude de l’ennui que pourrait ressentir l’employé d’une société de services (ça ne risquait pas d’être une chanson d’amour).

“It’s A Combination” est un titre d’italo-disco qui fait réfléchir, tandis que “Conditions”, au piano est plus inattendu et sonne comme si Harry Nilsson ou John Lennon avaient publié des disques sur Rough Trade Records.

Tour à tour hilarant puis poignant, “Oh Man The Future”, vision satirique de ce qui nous attend dans le futur, est boosté par un rythme bass’n’drum emprunté à un des premiers EP de ESG.

Dans le maussade mais funky “When Your Life Feels Like A Loss”, De Lux dissèque ce qu’il se passe lorsque “Vous pensez être spécial” alors que“Non, vous n’êtes pas spécial / Vous n’êtes qu’un type normal.”

En d’autres termes, “Generation” n’indique pas un changement de direction. Cette fois-ci, De Lux va plus en profondeur dans la composition et le résultat est certainement l’album de dance le plus téméraire.

Ça semble difficile à admettre, mais c’est la raison pour laquelle les deux musiciens l’ont fait. “A un moment, on a constaté que la création n’avaitpas de limite, conclut Sean, que l’ont pouvait tout faire. Il y a des gens qui pensent que ce n’est pas le cas. Sans le savoir, ils donnent encore plusenvie de franchir le pas.”

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